
Il y a solitude et solitude...
La vraie solitude qui fait mal, pour moi, ça n'est pas le célibat. La solitude qui fait mal ne sera jamais le célibat.
Là j'ai mal, et il semblerait pourtant qu'un homme me trouve à son goût.
Là j'ai mal, parce que je suis seule avec moi. Aucun moyen d'y échapper. Moi, moi, moi. Pas de distractions possibles. Il n'y a pas ma maman et mon papa, ma douce libellule et les autres... Pas non plus de cours à travailler, d'objectifs à atteindre, de but écrit en gros dans ma tête, et en clignotant..
C'est le creux de la vague.
Mes parents sont partis pour une semaine en Norvège, et je suis ravie pour eux. Premier grand voyage, et ils le méritent bien
Beauté sauvage, dépaysement, ma maman va rentrer avec des étoiles plein les yeux.
Je suis seule dans la grande maison familiale, sans personne qui rentre le soir ou qui est là le matin. J'ai l'habitude de ça, je vis seule dans une autre ville depuis 4 ans.
Mais quand je suis "chez moi", c'est qu'à côté il y a les cours, l'objectif en gros et lumineux qui clignote au loin. A côté il y a les amis, la vie.
Libellule n'est pas là non plus cette semaine. Ma grande soeur est loin.
Là je suis seule, et je suis avec moi, le vrai moi. Celui qui n'est plus distrait, qui ne pense plus aux autres, qui ne se cache plus derrière les autres.
Mon dieu, c'est tellement douloureux.
J'ai mal jusque dans les entrailles. ça semble cliché hein ? Pourtant c'est vrai.
Je me rends compte à l'instant que je me cachais. Je suis persuadée d'aller bien au quotidien, mais finalement je crois que je me crée une vie plus facile, un beau vernis.
Ce con de vernis, il ne fait que craquer depuis hier, et c'est tellement douloureux.
Et des questions à n'en plus finir.
Celui qui me fait me poser le plus de questions, c'est forcément le nouveau venu. Est-ce que je ne refais pas l'erreur de la dernière fois ? Est-ce qu'il a une raison d'être dans mes pensées, sur mes lèvres ? ça tient peut-être de la pulsion, du manque d'être désirée, chouchoutée.
Peut-être.
J'ai décidé de faire la muette, on verra s'il a envie de me voir, lui.
Si moi je ne cherche pas une distraction pour ne pas me retrouver seule avec moi-même, parce que ça fait trop mal.
C'est difficile pour moi d'écrire ça.
J'aurais aimé ne pas me rendre compte de cette faiblesse là, de cette horreur de me retrouver seule avec moi. Mais c'est tellement douloureux physiquement. La douleur,ça parle fort, on sent bien qu'un truc déconne alors même que rien ne semble aller mal, bien au contraire.
Une licence en poche, un concours réussi avec à la clé une place dans le lieu de formation désiré, un boulot d'été trouvé, une motivation sans borne pour l'année prochaine, du renouveau bientôt, un futur nouvel appart, un homme dans ma vie (il aura peut-être fait un passage éclair, mais tout de même
)
Rien ne semble aller mal ! C'est même plutôt une période faste...
Mais en attendant de partir pour 10 semaines de travail d'été lundi, je vais être mal. Je vais essayer d'écrire, ça va me soulager un peu et puis je vais tout déchirer comme d'habitude.. Parce que "qui es-tu pour écrire ?"
Dédoublement dans ma tête.
Qui es-tu pour écrire, peindre, composer ?
Quand on écrit, quand on chante ou quand on peint, cela veut-il dire qu'on se sent un certain talent ?
Je me sens tellement quelconque, j'ai l'impression d'usurper je ne sais quoi quand j'écris.
J'ai trop lu de grands auteurs qui me transportent.
Ma plus grande échappatoire est aussi ma plus grande douleur. Lire, je peux. Ecrire, j'en crève. Mais je ne peux pas.
En attendant la distraction-travail, si j'allais nager ?
A. si tu m'appelles, je ne saurais même pas te répondre. La vie c'est moins facile quand on découvre qu'au fond, l'écorchée réapparait.
Mais les oiseaux chantent, toujours. Je vais aller glaner une distraction dans mon jardin, à défaut de réussir à écrire.
Belle journée à vous